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Faire le ménage : la voie de la joie selon Marie Kondo



Qui n’a jamais fait l’expérience de ne plus y voir clair dans ses affaires, de se sentir envahi.e par elles, voire de ne plus savoir où se mettre au milieu de cette montagne de choses que nous avons amassées au fil des années ? Vous savez.. cette désagréable sensation de ne plus être chez soi dans son espace, de ne plus s’y sentir à l’aise, jusqu’à ne plus s’y sentir soi-même ?


Alors on range, on réarrange, on se dérange à se rendre compte de notre attachement à ces choses… Résigné.e.s, on s’exerce au casse-tête du tri, et là, on craque : c’est trop dur de jeter des objets qui font notre histoire, qui nous collent à la peau ! Bien souvent, on capitule et on finit par les entasser dans chaque petite faille de notre espace intime…


C’est là que Marie Kondo nous propose de changer de paradigme. Pourquoi ne pas prendre le problème à l’envers, et se demander : qu’est-ce-que l’on veut vraiment garder ? Qu’est-ce qui – parmi toutes ces choses – nous rend heureu.x.ses, vraiment heureu.x.ses ? Eh oui, assumons-le, certains objets ont ce pouvoir ! Certains objets, selon elle, « scintillent de joie » pour nous. C’est ceux-là qu’il s’agit d’identifier, en se débarrassant de tout le reste. Aussi simple que ça…


Simple.. ? Mais qui est donc cette femme ? Pourquoi nous, simples mortel.le.s, n’y a-t-on pas pensé avant ?! Il faut se dire que, très probablement, peu d’entre nous ont passé leurs récréations à ranger les livres dans la classe au lieu de jouer avec nos camarades dans la cour. Elle, c’est en faisant cela de manière obsessive que lui est venue, un beau jour, l’illumination : « Pourquoi est-ce que je cherche éperdument à savoir ce que je dois jeter, alors que devrais me demander ce qui vaut vraiment la peine d’être gardé ? ».


Aujourd’hui mère de 3 enfants, cheffe d’entreprise, écrivaine de best-sellers (notamment The Life-Changing Magic of Tidying Up, 2011) et star de la télévision (avec son émission phare sur Netflix Tidying Up with Marie Kondo, sortie en 2019), Marie Kondo devient consultante en organisation à l’âge de 19 ans, en même temps qu’elle étudie la Sociologie. Elle publie sa thèse sur le ménage dans la perspective du genre. Très vite, elle perce dans le monde médiatique en avançant sa méthode de rangement « KonMari » :


1. identifier ce qui «scintille de joie » (le tokimeku) et se débarrasser immédiatement de ce qui n’est pas identifié comme tel


2. organiser le tri par catégorie et non par emplacement : les habits, les livres, les papiers, puis les choses diverses tels que les ustensiles de cuisines et de salle de bain, et enfin les souvenirs


3. trouver un emplacement qui valorise chaque chose, et veiller à ce qu’elle y reste !


Détail intéressant dans sa biographie : elle est japonaise, de foi chrétienne, mais aussi fortement influencée par la philosophie shintoïste – elle exerce en effet quelques années en tant que jeune prêtresse dans un sanctuaire shinto. Le shintoïsme – une très ancienne religion animiste japonaise – prône la reconnaissance de l’esprit gardien de chaque lieu et de chaque chose, son kami. Le ménage et l’organisation de l’espace sont donc vécus comme une pratique spirituelle, une manière d’exercer le culte des kami, qui sont présents dans chaque chose et qu’il faut savoir respecter. Respecter l’âme des choses, dans une organisation minimaliste de l’espace – voilà quelques éléments du Shinto way of life.


Selon Kondo, il faut savoir valoriser ce que l’on possède, et trouver le bon endroit pour que l’objet soit correctement mis en valeur. L’identification des choses auxquelles on donne vraiment de la valeur peut nous aider à en apprendre long sur nous-même, et mieux savoir ce que l’on veut. Il s’agit aussi de savoir lâcher prise sur les choses que l’on n’identifie plus comme source de joie, avec tout le respect des sentiments et des histoires qui leurs sont associés. Ce lâcher-prise s’accompagne d’un adieu respectueux et ritualisé.


Ainsi, on peut se dire que le tri des choses devient en fait une revue de nos sentiments, une actualisation de notre intimité, un travail de connaissance de soi – au travers d’un dialogue avec les esprits que l’on veut garder près de soi, et ceux à qui l’on choisit de faire nos adieux. Une mise à jour, en quelque-sorte, de nos alliances sacrées.


Minimalisme, discernement, acceptation et lâcher-prise, voilà une belle recette du soin de soi à travers l’organisation de son espace intime.


Que la Joie soit avec nous dans le ménage.


Namaste


Natka Kupczynska







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